TELEPOCHE : Sydney Bristow, dans « Alias », est si complexe que vous disiez avoir du mal à la décrire...
JENNIFER GARNER : C'est comme si je devais décrire ma propre soeur en seulement quelques mots... C'est impossible ! Sydney est une femme rationnelle qui tente de savoir qui elle est tout en évoluant dans un univers hallucinant, celui du renseignement. Sa mère, qu'elle a cru morte, se révèle être vivante. Son père est un agent secret, tout comme elle. Elle est amoureuse d'un homme mais ne peut se l'avouer. Elle mène une double vie et doit en permanence se dissimuler vis-à-vis de ceux qui l'entourent... Elle est sage et féminine, mais le seul moyen pour elle de s'en sortir est de se montrer inflexible et de mobiliser son instinct de survie.
TELEPOCHE : N'est-ce pas perturbant de jouer un personnage qui n'a pas de repères ?
JENNIFER GARNER : Sydney porte de telles responsabilités que cela me poursuit parfois. Toutefois, elle reste positive, prête à tout pour atteindre ses objectifs. Je partage le même optimiste.
TELEPOCHE : Quel jugement portez-vous sur « Buffy », comparée à « Alias » ?
JENNIFER GARNER : L'action dans « Alias » est centrée sur Sydney et sa famille qui est mêlée au redoutable milieu de l'espionnage. Buffy a pour mission de tuer des vampires : c'est une autre toile de fond. J'adore « Buffy », je trouve Sarah Michelle Gellar excellente. Toutefois, « Alias » est un thriller d'espionnage et développe un aspect plus dramatique. Des acteurs comme Ron Rifkin ou Carl Lumbly, ont surtout joué au théâtre.
TELEPOCHE : Le succès d'« Alias », a-t-il transformé votre vie ?
JENNIFER GARNER : Les acteurs traversent quelquefois de longues périodes durant lesquelles ils n'ont pas de travail. Avant de commencer le tournage de la série, j'étais pratiquement inactive, mais j'avais trouvé une autre forme d'équilibre, ce qui ne signifie pas que je n'avais plus d'ambition. J'étais simplement heureuse. En octobre 2000, j'ai épousé Scott Foley, que j'avais rencontré quatre ans auparavant sur le plateau de « Felicity ». Je profitais de lui, de ma maison, de mes amis. J'avais décidé d'être heureuse quoi qu'il se passe. Avec « Alias », je ne pouvais rêver le rôle plus exaltant.
TELEPOCHE : De quelle façon Scott, votre mari, perçoit-il le succès d'« Alias » ?
JENNIFER GARNER : Nous avons moins de temps à consacrer l'un à l'autre. Je sais que je lui manque et lui aussi me manque. Il nous arrive même de nous demander si tout cela vaut bien la peine ? Mais il est ravi de voir que j'aime mon travail et le bonheur que cela me procure. Il est plein d'attention, de patience, comme un mari qui souhaite que sa femme soit heureuse.
TELEPOCHE : Vous venez de tourner « Daredevil » avec Ben Affleck. Comment s'est passée votre rencontre ?
JENNIFER GARNER : Ben est un acteur ouvert, disponible. Il a une telle expérience que c'était le partenaire idéal pour travailler sur un film de cette ambition. En plus, j'en ai appris encore davantage sur les techniques de combat